Un ordre de lecture pour La Tour Sombre

Vingt-deux ans. C’est le temps qu’a mis cette feignasse de Stephen King pour écrire La Tour Sombre, une saga tellement centrale à ses yeux qu’on ne peut pas la limiter à sept tomes : une bonne trentaine des bouquins de King a un lien plus ou moins direct avec la quête de la Tour et ses personnages. Pour extraire l’entièreté de la substantifique moelle de la série, il est donc préférable de lire certains des ouvrages qui la prolongent. C’est précisément à cela qu’est destiné ce petit ordre de lecture suggéré, sans spoilers et construit avec pragmatisme – du moins, je l’espère. Il permettra au lecteur d’explorer la plus grande partie de la toile que tisse La Tour Sombre sans toutefois le forcer à aller en explorer les recoins les plus obscurs : à ce titre, il se veut une amélioration de la liste de Bryant Burnette, très complète et évidemment exhaustive mais aussi complètement irréaliste puisqu’un néophyte avide de connaître la saga ne va pas s’enfiler vingt-quatre bouquins avant d’en arriver au bout.

Ordre de lecture suggéré

#1 – La Tour Sombre I : Le Pistolero

(The Gunslinger, 1982)

TDT1S’il y a un truc sur lequel les fans de La Tour Sombre sont d’accord, c’est que le premier tome est aussi le pire. On ne va pas faire la liste de ses défauts, plutôt vous conseiller de vous forcer si la lecture est difficile et de tout faire pour terminer ce bouquin qui reste indispensable pour bien comprendre tout le cycle. Heureusement, Le Pistolero est le tome le plus court du lot. Courage, la suite en vaut la peine.

#2 – La Tour Sombre II : Les Trois Cartes

(The Drawing of the Three, 1987)

TDT2Vous arrivez dans le vif du sujet avec l’un des meilleurs tomes de la série. Le conseil canonique adressé aux nouveaux lecteurs est d’arrêter de lire La Tour Sombre s’ils n’aiment pas ce tome, mais la vérité c’est que les suivants sont si différents les uns des autres qu’on ne peut pas se baser sur un ou deux seulement pour se faire une opinion globale de la saga.

#3 – Le Fléau

(The Stand, 1978)

TDT11 Un ouvrage incontournable pour apprécier pleinement La Tour Sombre. En plus de compter sans doute parmi les meilleures œuvres de Stephen King et de fournir des indications majeures sur un personnage que Roland et sa troupe croiseront, Le Fléau se paye le luxe d’avoir un thème et un univers qui collent parfaitement aux premiers tomes de La Tour Sombre.

#4 – La Tour Sombre III : Terres Perdues

(The Waste Lands, 1991)

TDT3Le troisième tome de La Tour Sombre est l’un des plus appréciés. Il conclut ce qu’on considère comme la première trilogie de la saga, puisque les trois premiers et les trois derniers livres peuvent être vus comme un tout cohérent.

#5 – La Tour Sombre IV : Magie et Cristal

(Wizard and Glass, 1997)

TDT4Magie et Cristal divise les lecteurs : la plus grande partie du bouquin est consacrée à (spoiler très mineur, attention, voilà, vous êtes prévenu, on continue) un gigantesque flashback qui nous emmène en-dehors du ka-tet de Terres Perdues. Certains adorent cette coupure, d’autres – moins nombreux – la détestent, en tout cas l’histoire qu’elle raconte vaut la peine d’être lue.

#6 – La Tour Sombre : La Clé des Vents

(The Wind Through the Keyhole, 2012)

TDT8On a longtemps conseillé de réserver la lecture de ce tome IV-et-demi (écrit huit ans après la fin de la saga) jusqu’à après le tome VII, mais c’est amoindrir la force de ce dernier volume, qui doit absolument être la conclusion du cycle de lecture. De plus, il n’y a aucune raison de suivre l’ordre de parution des livres et de dévorer en dernier cette aventure de Roland qui se déroule bien entre le tome IV et le tome V de la Tour Sombre. A recommander en particulier à ceux qui ont aimé Magie et Cristal.

#7 – Salem

(‘Salem’s Lot, 1975)

TDT12 Difficile de faire l’économie de Salem, qui introduit un personnage rencontré par la suite dans La Tour Sombre. On excusera seulement les froussards et autres allergiques à l’horreur, puisque de toute notre sélection Salem est réputé pour être de loin le livre le plus effrayant.

#8 – La Tour Sombre V : Les Loups de la Calla

(Wolves of the Calla, 2003)

TDT5Vous entamez ici la trilogie finale du cycle de La Tour Sombre après la coupure que constitue le flashback de Magie et Cristal.

#9 – Cœurs perdus en Atlantide

(Hearts in Atlantis, 1999)

TDT13Tout n’est pas lié à La Tour Sombre dans ce roman en forme de recueil de nouvelles : seule la première histoire – de loin la plus longue – nous intéresse. Crapules de bas étage en manteau jaune (Low Men in Yellow Coats) se révèlera d’une importance capitale pour mieux comprendre une partie de l’un des volumes suivants : je conseille donc de le lire juste avant l’insécable duo de tomes finals.

#10 – La Tour Sombre VI : Le Chant de Susannah

(Song of Susannah, 2004)

TDT6La suite de la trilogie finale. Il serait criminel d’introduire une coupure entre Le Chant de Susannah et le dernier tome de la saga : à mon avis, ces deux bouquins doivent se dévorer d’un seul bloc.

#11 – La Tour Sombre VII : La Tour Sombre

(The Dark Tower, 2004)

TDT7C’est là que se termine votre périple.

 

Après la Tour Sombre

Après plusieurs milliers de pages, la conclusion du septième tome de la Tour Sombre peut sembler abrupte, et le retour à une littérature sans ka ni tet sera parfois difficile. Les sept tomes et demi de la Tour Sombre ayant été avalés, c’est pourtant l’occasion de s’infliger tous les bouquins qui n’ont pas trouvé leur place dans l’ordre de lecture ci-dessus car ils l’auraient rendu trop indigeste.

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  • Le magicien d’Oz (L. Frank Baum, 1900) : malgré sa couverture terrifiante, il s’agit d’un des plus grands classiques de la littérature américaine pour enfants. Si vous avez terminé le cycle, sa place dans la liste est évidente. Et si la perspective de vous enfiler 250 pages de gamineries vous effraie, vous pouvez toujours vous replier vers l’adaptation cinématographique de 1939 avec Judy Garland.
  • Les Yeux du dragon (S. King, 1984) : on conseille parfois de lire ce bouquin avant La Tour Sombre, et ce n’est pas idiot. Son intérêt pour le cycle reste mineur malgré tout, et il fait partie des quelques malheureux que j’ai dû dégager pour dégraisser quelque peu la liste. Si vous êtes courageux, vous pouvez quand même le lire juste avant Terres Perdues plutôt qu’après la fin de la saga, mais je désapprouverai en fonçant les sourcils.
  • Les Petites Sœurs d’Éluria (S. King, 1998) : on trouve cette nouvelle dans Légendes (Legends, Short Novels by the Masters of Modern Fantasy, 1998) ou plutôt dans Tout est fatal (Everything’s Eventual, 2002). Il s’agit d’une aventure de Roland du temps de sa jeunesse. C’est le seul livre de la liste que je n’ai pas lu, et bien qu’il ait sa place entre Magie et Cristal et La Clé des Vents, je ne peux pas me résoudre à vous le conseiller à cet emplacement : vous serez sans doute content d’avoir du rab’ de Roland après le tome VII.
  • Insomnie (S. King, 1994) : c’est un déchirement de n’avoir pu intercaler ce bouquin quelque part avant le tome VII, mais la liste était déjà trop longue pour que je puisse me le permettre. On y retrouve plusieurs personnages importants de la fin du cycle et il est donc très difficile d’en faire l’économie.
  • Bazaar (S. King, 1991) : ce bouquin n’a aucun rapport avec la Tour Sombre, mais après au moins 11 pavés vous avez bien mérité de prendre une petite pause avec mon bouquin favori de Stephen King. Si, si…

 

Background artwork: The Dark Tower: The Long Road by Michael Whelan